VERT L'AVENTURE PLEIN AIR
(textes de Mario Lacourcière)
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La longue marche

La longue marche c’est celle de la résilience, du désir de vivre, de l’autre, de soi. La longue marche est un idéal, un monde à soi, immense, universel. La longue marche apaise l’esprit, détend le corps, proposant la transcendance de ce qui semble être. La longue marche celle de la transition, des rencontres fragiles, éphémères souvent fertiles. Elle est source de volonté pour se projeter dans le temps et la durée.

Vert l’Aventure Plein Air vous remercie de toutes ces années passées peut importe les intempéries. Vous êtes mon carburant, mon leitmotiv, pour demeurer en contact avec le souffle de ma résurrection constante en compagnie de cette nature que je ne me lasse d’admirer et de rechercher. La longue marche me mobilise contre l’ignorance, elle me séduit par sa beauté immortelle qui ne cesse de se renouveler. Un pas à la fois, des choix sont proposés parfois austères, essentiels mais jamais anodins. Se choisir c’est aussi renoncer. Le club répond à un besoin viscéral de se regrouper après toutes ces années d’existence et de kilomètres parcourus, parole de guide, témoin d’amitiés multiples et sincères.

Vingt-cinq années dont seule la routine fut bannie de cette trajectoire. Vingt-cinq années de gloire, d’apprentissage et de bonheur dans les bois, celle de marcher avec vous une journée à la fois dans l’extase d’une communion ancestrale et renouvelée. La longue marche c’est le désir de dépassement et la poursuite de ses rêves sur les chemins les moins fréquentés!  


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Misère

Généreux de ma présence, c'est ce qu'il me reste, c'est ce que je peux t'offrir
Cette vie prêtée et mystérieuse se projette en avant à vive allure
La conscience qui abrite mon corps est douloureuse, amère
À plusieurs reprises j'ai songé à quitté le navire
Son ventre bascule sans cesse dans le néant

Le vide se propage sous sa coque solitaire
Mes rêves ne s'enflamment plus comme avant
Ma jeunesse s'étiole dans la nuit des temps
Le vague à l'âme, les absences nombreuses, j'y reconnais la blessure ancestrale
Je ne sais pourquoi j'existe, je m'endors souvent dans un rituel stérile et accablant

Je recherche pourtant le style et le beau en chaque chose, chaque regard
Je m'accorde un moment de grâce
Un répit suggéré et frénétique pour vibrer ma peine d'ici
Seule cette quête de la faim et d'amour
Me projette en avant et qui tarde à se manifester

Ce n'est jamais plus comme avant
Mon miroir ne reflète plus que des bêtises, ma tête éclate
M'étendre à mes côtés pour ne pas m'oublier
M'esquisser c'est ce que je peux m'offrir de mieux



Néant de culture

Je naquis dans un vase clos
Ne me doutant pas que le monde soit si vaste et liquide
Néanmoins j'entrepris les multiples horizons, stimulé par l'aventure
Mes neurones s'édifièrent de conquêtes sensorielles
Dans une vaste dérive de rêves et de tragédies

Mon regard naissant éclaira un monde en friche
Mon esprit tentaculaire et intransigeant s'illumina allègrement
M'abreuvant d'essences primaires, me révélant de latentes convictions

Je reconnu mes envies d'abnégation
Pressentant le début du non-retour
Cette passionnante créativité s'exprima
D'un éclat de lucidité et d'extase
M'engageant à reprendre mon pouvoir
En me créant somptueusement

D'étranges et viscérales illusions seront mises à contribution
Je reprends la place qui m'a été offerte au lever de ce jour périmé

Mon lit est vaste comme un empire
Ma chambre est belle comme le jour de ta fête
Je reconnais les forces qui m'habitent
Malgré la souffrance qui m'abrutit sans cesse

Retrouve ami invisible ta véritable nature
Celle qui nourrit ton âme vagabonde
Cesse cette édifiante trahison

Étreins ton amour éternel, peut importe sa direction
Cette poésie émerge enfin pour éviter de mourir
Pour éviter de périr trop tôt


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Partir Ailleurs

Les âmes m’appartiennent dénudées
Acharnées de mieux-être, intelligences frêles
J’entends les complaintes inconnues
Les horloges taisent mes gloires superficielles

Jamais je n’aurais cru, jamais je n’aurais vu
Ces incroyables formes glissant vers l’absolu
Devant lesquelles je pourrais réapparaître
Dans une lumière somptueuse et convaincante

Périr les bras croisés, mauvais destin
Ma volonté ne me reconnaît plus, amputée du verbe aimé
Mourir est remis à demain, j’ai du travail à accomplir
Un être à réalisé, immatériel pour le moment, artisan insatisfait
N’invoquant pour le moment que le trône des vainqueurs

Un autre monde veut ressurgir
Ignoblement plus beau que le mien
Restitué de ténacité, teinté d’obscurité
Addiction du non-retour je m’y délecte

En attendant je survole dans une crasse immonde
Années latentes de peur et d’abstraction
J’émets des mots sans les reconnaître
Cherchant à maîtriser mes dépressions constantes

J’ose conjuguer l'espoir sur cette terre
belle et infâme
Je revendique le droit de m’exprimer, le droit de me libérer
Identifiant tant de mots et d'errances malmenées
Adepte de la distraction futile, je me reconnais

Mon salut est d'écrire, de vous dire

Bien des orages sont prévus aux prochains jours
Je me fous des prévisions, le courage l’emportera
Avec son lot de rêves et de convictions


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Promenade

Les gens s'enlacent sur l'autoroute
Suivant de près les panneaux suralimentés d'indications
Ils se dissipent à l'intérieur d'une boucle et ne cessent de tournoyer

On dirait qu'ils existent mais ne font qu'accélérer leurs doutes
D'avoir trop trimballé et plus ils avancent
Et plus ils dégénèrent dans le fond d'une brèche intermittente

Je marche le long de l'autoroute
Levant mon pouce aux moteurs d'acier et personne ne reconnaît mon nom
On demande ma direction, sud je leur réponds, cela m'évite des pourparlers
Et je m'enterre de bières salées mêlées de douces musiques country

Le long des autoroutes je casse la croûte
D'un doute amer qui m'a toujours habité
Seul sur l'autoroute je pleure mes simagrées


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S'entendre

Il m'appartient de vous écrire ces quelques mots
Ou plutôt de vous écrire ses remords millésimes
Que de vignes se pressent et dégouttent sous le joug de votre présence
Je guette l'image sournoise de vos traits

Et prête volontiers un masque à votre visage
Pour que me trompe vos grimaces moribondes
Que d'espace restreint à vibrer mes peines dans la noirceur d'ici


Que dirais-je sinon que pour m'apaiser

Je me console en me disant
Que de misères semblables se discute aussi
Que quelques lignes pour lire Félix et copier son île
J'aimerais cette nuit signer un pacte
Avec tous les artistes vivants et ayant vécus
Et célébrer avec eux l'éternel complainte de la vie paradoxe

Rien ne m'affecte autant que la beauté toute nue
Du chant enfreint de douceur et du dessin simple et révélateur
Des yeux, des bouches s'harmonisent avec leurs couleurs respectives
Alors que tout mon être s'enracine du poète et du jouisseur



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La banquise

Tes jambes bavardes distraites de leurs pas le sol méprisé
Les parfums errants succombent sous l'haleine d'une époque assimilée
Chaudes esquisses aux teintes imagées
Automate pétrifié, exil inutile
Chemins d'asphalte du pays lessivé

Breuvage et soif, la faim se presse
Les désirs s'emboitent agressifs, volubiles
La règle perd son jeu d'être seule à régler
Le doute de n'avoir fait que passer

J'ai vu le pays du soleil de minuit
J'ai vu les pays dévoilés ses ombrages
Bien des repères sont identiques et contrariés

L'acteur gèle sur la banquise, le plaisir est cruellement passager